
2009/11/07
2009/10/20
2009/10/01
Sous l'arche du temps
« Je n'arrive pas à me souvenir d'un moi sans ruptures qui aurait pu vivre sans interroger cette fragile présence au monde, marcher sur un chemin sans chercher à voir au-delà du tracé, regarder le réel sans aucune sensation d'opacité. »
Hélène Dorion, Sous l'arche du temps, p.25
2009/09/25
Poème de Karin Boye, 1935
Of Course It Hurts
Otherwise why would spring hesitate?
Why would all our fervent longing
be bound in the frozen bitter haze?
The bud was the casing all winter.
What is this new thing, which consumes and bursts?
Of course it hurts when buds burst,
pain for that which grows
and for that which envelops.
Of course it is hard when drops fall.
Trembling with fear they hang heavy,
clammer on the branch, swell and slide -
the weight pulls them down, how they cling.
Hard to be uncertain, afraid and divided,
hard to feel the deep pulling and calling,
yet sit there and just quiver -
hard to want to stay and
to want to fall.
Then, at the point of agony and when all is beyond help,
the tree's buds burst as if in jubilation,
then, when fear no longer exists,
the branch's drops tumble in a shimmer,
forgetting that they were afraid of the new,
forgetting that they were fearful of the journey -
feeling for a second their greatest security,
resting in the trust
that creates the world.
2009/09/08
Nomadisme II
Et si je reste assise c'est d'avoir un lieu à habiter. C'est de sourire avec ma solitude qui se console. C'est de savoir que je peux partir, sans tout laisser tomber. C'est de savoir qu'on ne se quitte jamais. Que tous les deuils servent à garder nos morts vivants, apprivoisés, dans ce lieu obscur. Ni vide ni plein, comme un espace délimité et ouvert. Un paysage qui se superpose à un autre. Un vertige de l'immensité qui achève un abîme, lui répond. Et si je reste assise c'est de me tenir debout dans un univers qui est le mien. Et si je reste assise, c'est que ma chaise a des roulettes.
Nomadisme
Un jour j'irai au devant, je confronterai le nomade en moi. Je partirai avec lui pour le dompter. J'irai dans un grand monastère aux murs de pierre. J'irai confronter le vide jusqu'à son épuisement. Je me lèverai tous les matins de bonne heure et chaque jour sera à l'image du précédent. Tous mes gestes n'auront plus de sens. Je vivrai dans le vide jusqu'à ne plus rien posséder. Jusqu'à me perdre, encore.
Et si tout cela n'avait pas de fin? Si tous mes gestes tournent en rond, sans cause ni but. Si peu importent mes gestes, jamais ils ne me satisferont. Si partir me reste à faire. Si partir me ramène, pour que cesse le désir d'être ailleurs.
Comme pour m'assurer que je suis bel et bien de ce monde.
Qui êtes-vous ?
- Isabelle Ayotte
- - artiste en arts visuels - étudiante à la maîtrise en arts visuels à l'Université Laval, Qc isabelle_turquoise@hotmail.com

